Après un 1er mai historique, la mobilisation se poursuit

Publié le par Syndicats CFDT des Commerces et Services 67

Dans la continuité d'une journée exceptionnelle, la CFDT reste déterminée à amplifier les acquis des précédentes mobilisations et obtenir de nouvelles mesures à la hauteur de la crise. Rendez-vous en mai et un juin, au plan national, comme au niveau européen.

Un 1er mai hors normes. Plus d'un million de personnes ont défilé dans les rues de quelque 280 villes de France, soit cinq fois plus que les cortèges du 1er mai 2008. Nombreux étaient ceux qui manifestaient pour la première fois : les salariés les plus exposés et les familles étaient au rendez-vous, venus exprimer leur désarroi face à une crise dont on mesure chaque jour davantage l'ampleur. Dès lors, il n'est pas étonnant que ce 1er mai 2009 soit « le plus important qu'on ait eu ces dernières années », comme l'a relevé François Chérèque.


Le silence assourdissant du patronat


Le secrétaire général de la CFDT a réaffirmé les exigences qui sous-tendent cette mobilisation. « Premièrement, nous attendons que le gouvernement aille plus loin dans l'aide et l'accompagnement de ceux qui, par milliers, se retrouvent au chômage. Deuxièmement, nous sommes toujours face au silence du patronat qui n'a toujours pas accepté d'engager des négociations sur ce que peuvent faire les entreprises en plus de ce que fait le gouvernement. » Une attitude qui contribue à durcir les relations sur le terrain, a dénoncé François Chérèque, estimant que « la radicalité part d'abord de ce durcissement patronal ».


Face à cette attitude d'autisme du patronat, le secrétaire général de la CFDT a rappelé sa détermination : « Nous restons offensifs, force de proposition et de transformation. » Pour la CFDT, cela se traduit par différents types d'intervention. D'une part, il s'agit d'aller le plus avant possible, par la voie du dialogue, sur les mesures obtenues à l'issue des mobilisations du 29 janvier et du 19 mars, et en particulier sur le fonds d'investissement social.


D'autre part, François Chérèque a remis en lumière le rôle du syndicalisme, au quotidien, dans les entreprises : « Les organisations syndicales ne se contentent pas de donner une visibilité forte aux problèmes, de montrer qu'il faut aller plus loin. Elles font un travail fantastique dans les entreprises, d'accompagnement de négociations, dans un contexte de fortes tensions. »


Le secrétaire général de la CFDT a par ailleurs insisté sur l'importance de l'action intersyndicale dans la période actuelle : « La crise est tellement importante et les salariés font tellement confiance aux syndicats que c'est notre devoir de rester dans cette démarche. » L'
intersyndicale a convenu de deux nouveaux rendez-vous : « une journée de mobilisations décentralisées », le 26 mai 2009, et « une grande journée de manifestations dans toute la France, le 13 juin 2009 ». Les huit organisations syndicales ont par ailleurs convenu de préciser les revendications les plus urgentes, sur la base de la déclaration commune du 5 janvier 2009, afin d'obtenir « des réponses rapides du gouvernement et du patronat ».


Le rôle crucial de l'Europe


Enfin, la crise étant mondiale, il n'est pas question de négliger la dimension internationale et en particulier européenne. Tel sera le rôle des euro-manifestations des 14, 15 et 16 mai à Madrid, Bruxelles, Berlin et Prague, qui se tiennent à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), à la veille d'échéances électorales majeures pour les citoyens européens. Pour le syndicalisme européen, des mesures européennes coordonnées s'imposent face à la crise, qui doivent permettre d'aboutir à une « nouvelle donne sociale ». La CES propose un plan d'action en cinq volets qui porte sur l'emploi, les salaires et la protection sociale, les droits sociaux, la régulation des marchés financiers et le partage des richesses.


Des revendications qui font échos à celles de la plate-forme intersyndicale du 5 janvier dernier. Et des manifestations qui s'inscrivent dans la continuité de celles engagées par les huit organisations syndicales en France. L'objectif restant, pour la CFDT, d'articuler ces différents niveaux d'intervention afin d'obtenir davantage de résultats tangibles pour ceux qui subissent les conséquences de la crise.


Aurélie Seigne

 

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