La journée d'action du 17 juin boudée par plusieurs syndicats

Publié le par Syndicats CFDT des Commerces et Services 67

PARIS (AFP) — La journée d'action de la CGT et de la CFDT pour les retraites et le temps de travail, le 17 juin, est boudée par plusieurs autres syndicats qui reprochent à ces deux organisations d'avoir signé un texte "ouvrant la porte" à une remise en cause des 35 heures.

FO, la CFTC, la CFE-CGC et l'Unsa (syndicats autonomes) ont annoncé lundi qu'elles ne participeraient pas à la journée. En revanche, dès vendredi, au lendemain de l'appel CGT-CFDT, l'union syndicale Solidaires (qui comprend les syndicats Sud) avait décidé à se joindre aux grèves et manifestations du 17 juin.

L'interprétation de la "position commune" sur la représentativité syndicale conclue le 9 avril entre CGT et CFDT du côté syndical, Medef et CGPME du côté patronal, se trouve au coeur à la fois du conflit syndicats-gouvernement sur les 35 heures, et des divisions entre syndicats.

L'article 17 de ce texte, officiellement paraphé lundi, autorise les chefs d'entreprise à conclure "à titre expérimental" avec des syndicats majoritaires des accords augmentant les contingents annuels d'heures supplémentaires.

Mais le gouvernement a annoncé que le futur projet de loi reprenant le contenu de la position commune irait plus loin. Il permettra notamment aux accords d'entreprise de limiter les repos compensateurs pour les heures supplémentaires au dessus du contingent, ou d'aménager en profondeur l'organisation du temps de travail.

Ce choix a mis en fureur tant Bernard Thibault (CGT) que François Chérèque (CFDT) qui accusent le gouvernement de réduire à néant le dialogue social.

"Il ne fallait pas mettre le doigt dans la porte", leur a rétorqué lundi Jean-Claude Mailly (FO), selon qui le gouvernement "s'est engouffré" dans "les concessions" permises par la position commune.

FO, comme la CFTC, demandent à la CGT et à la CFDT de retirer leur signature au texte. L'Unsa leur laisse en "assumer les conséquences". La CFE-CGC ne s'associe pas non plus à la journée du 17 juin, mais demande une réunion de l'ensemble des confédérations syndicales.

Les critiques des syndicats non signataires portent en fait sur l'ensemble de la position commune, pour eux menaçante, car elle considère comme "représentatives" les organisations ayant au moins obtenu 8 à 10% des voix aux élections professionnelles.

Lors des élections aux comités d'entreprise de 2005 (derniers chiffres publiés), parmi les cinq syndicats actuellement reconnus représentatifs, la CGT avait obtenu 22,5%, la CFDT 20,6%, FO 12,5%, la CFTC 6,8% et la CFE-CGC 6,6%. Les autres syndicats, comme Sud et les autonomes, avaient recueilli au total 7,4%. Le plus fort score (23,5%) avait été atteint par les listes non syndicales.

Ces divergences ont fait voler en éclats la relative unité syndicale sur les retraites, contre l'allongement à 41 ans d'ici 2012 de la durée de cotisation, qui avait permis de mettre dans la rue 300.000 à 700.000 personnes le 22 mai, un chiffre que Bernard Thibault espère cependant voir dépassé le 17 juin, avec "un million de manifestants".

Mais la radicalisation syndicale que le conflit risque d'entraîner inquiète jusqu'à une partie de l'UMP et du gouvernement. L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a ainsi jugé lundi "dangereuse" une "tension durable avec la CFDT".

Et le ministre du Travail Xavier Bertrand a indiqué que le projet de loi serait présenté le 18 juin en conseil des ministres, et non le 11, pour laisser le temps de "voir les suggestions et les remarques des partenaires sociaux".

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